La production de riz atteint un record pour cette cette campagne : 270 658 tonnes. Il s'agit là, du riz irrigué (avec deux récoltes par an) et du riz pluvial (donc une récolte, en novembre-décembre). L'évolution de la production de riz irrigué est fortement tributaire de la politique nationale. Je n'ai malheureusement pas les statistique du seul riz irrigué. Mais on peut noter qu'en 1996, la production totale de riz (donc irrigué et pluvial) était déjà de 111 807 tonnes. Mais cette année a vu la privatisation de la SONACOR (Société Nationale de Commercialisation du Riz) qui achetait le riz aux producteurs à un prix rémunérateur dès la fin de la récolte. Ce qui permettait aux producteurs des plaines irrigués de préparer sans tarder la deuxième culture. Avec la suppression de la SONACOR et l'importation massive de vieux riz asiatiques (parfois de dix ans d'âge) à prix cassé, les producteurs des plaines irrigués ont vu leurs revenus s'effondrer. Beaucoup ont abandonné (jusqu'à aujourd'hui) la production de riz pour se tourner vers le maraichage. La production nationale de riz s'est effondré également. Parfois fortement, comme en l'an 2000 (66 395 tonnes) et 2007 (68 916).
Il a fallu la crise alimentaire de 2007-2008 pour que le gouvernement et les commerçants s'intéressent enfin à la production locale. En 2004, les commerçants proposaient 85 FCFA pour un kilo de riz paddy ! Aujourd'hui ils en proposent au moins 150FCFA ! Parfois 170 FCFA ! Le double. Aussi, depuis 2008, la production de riz s'accroît de 12% par an. Deux fois plus vite que la population urbaine. Si le marché mondial ne s'effondre pas et si le gouvernement continue d'appuyer la production du riz (irrigué et pluvial), on peut penser que cette croissance au taux de 12% se poursuivra.
Si la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest) se décide enfin à taxer le riz à 35% à l'importation, cette croissance pourrait être encore plus forte, et en quelques années le Burkina et l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest pourrait être auto-suffisant en riz.
Notons également que la production du niébé (haricot du Sahel) est de 626 113 tonnes soit une hausse de 38% par rapport à l’année dernière, et en hausse de 92% par rapport à la moyenne quinquennale.
Source : sedelan@abcburkina.net
dimanche 3 avril 2011
mardi 29 mars 2011
Comme un ras le bol social
Burkina Faso : comme un ras le bol social qui résonne dans toute l’Afrique : Blaise Compaoré, dégage !14 mars par Zinaba Aboudou Rasmane, Pauline Imbach
http://www.cadtm.org/Burkina-Faso-comme-un-ras-le-bol
Un fait divers à l’allure d’une mauvaise série B met le feu aux poudres...
Pour comprendre ce qui s’est passé à Koudougou, un bref retour en arrière sur la situation s’impose.
Tout a commencé par une bagarre entre deux jeunes élèves, une fille et un garçon, d’un lycée de Koudougou (3ème ville du pays à 150 km de Ouagadougou la capitale). Après une paire de gifles qu’elle a reçue du jeune homme, la fille, petite amie d’un policier, s’en est allée porter plainte. Jusqu’ici tout va bien. Mais voilà que le jeune homme, Justin Zongo, ne répond pas à la plainte, ce qui énerve notre policier, ami de la victime. Celui-ci décide alors de venir chercher le jeune homme en pleine classe pour l’amener de force au commissariat, outrepassant le fait que les forces « du désordre » ont l’interdiction d’agir dans les établissement scolaires sans autorisation préalable. Une fois au commissariat, le jeune étudiant est passé à tabac dans les règles de l’art avant d’être relâché. Le jeune homme cherche alors du soutien en avertissant le procureur de Koudougou de la situation, qui convoque et sermonne le policier. Ce dernier retourne alors chercher Justin Zongo qui, trainé au commissariat est de nouveau passé à tabac. L’étudiant ne se remettra pas des coups reçus et il décèdera des suites de ses blessures, après avoir été hospitalisé.
Ses camarades de classe, qui avaient suivi de près cette affaire, organisent une marche jusqu’au gouvernorat de Koudougou. Là, le gouverneur déclare que le décès est dû à une méningite et un acte de décès est rédigé précipitamment pour confirmer cette thèse officielle. Cela n’est pas sans rappeler l’acte de décès de Thomas Sankara, sur lequel était mentionné “mort de mort naturelle”...
Injustices et répressions...
Le 24 févier, face à cette injustice criante, les étudiants se sont révoltés mettant le feu au gouvernorat, au commissariat et à une douzaine de véhicules. Les CRS de Koudougou (qui disposent d’un camp depuis peu dans cette ville « pour redresser la population » connue, depuis l’affaire Norbert Zongo, comme « rebelle » du Burkina Faso) viennent prêter main forte aux policiers. Ils ouvrent le feu et tuent le fils d’un commerçant. Immédiatement c’est toute une ville qui se lève et s’oppose aux forces du désordre. Puis rapidement le mouvement gagne les villes voisines de Poa, Kindi, Léo, Réo et tous les environs avant d’atteindre une semaine plus tard (le 7 mars) les villes de Bobo Dioulasso et Ouahigouya au nord du pays. Élèves et étudiants brûlent les commissariats en signe de protestation contre cette bavure policière. Bilan officiel : 6 morts, de nombreux commissariats brûlés et des policiers chassés de certaines villes.
...augmentation des tensions !
Pour apaiser les tensions, surtout en plein FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou), les autorités ne lésinent pas sur les moyens. Outre la répression, elles décident de fermer les lycées, les collèges et les universités, craignant que le mouvement prenne une allure révolutionnaire à l’odeur de jasmin.
Elles mettent également en place un comité de sages à Koudougou et utilisent les chefs traditionnels, aujourd’hui véritables sbires du régime, pour rencontrer les associations d’élèves et les calmer.
Seulement voilà, les jeunes semblent déterminés. Alors que la reprise des cours devait se faire le 7 mars, à Koudougou un grand sit-in a été organisé à l’occasion duquel une grève de 72 heures à été votée pour que justice soit rendue aux camarades assassinés pendant les révoltes. À Ouagadougou, à l’appel des partis d’opposition, une marche, suivie d’un meeting sur la place de la révolution, a également été organisée. La journée du 7 mars a donc été plus que mouvementée partout dans le pays. Une dizaine de localités ont connu des manifestations et des commissariats ont été incendiés, des édifices publics vandalisés, des barricades érigées, des grèves et marches organisées.
De plus, le 11 mars, à l’appel de l’Association Nationale des Etudiants du Burkina (ANEB), une marche contre l’impunité et pour le jugement de tous les acteurs de ce crime crapuleux a été organisée. Partis de l’Université de Ouagadougou, 7000 étudiants se sont mis en route vers le siège de la Direction Générale de la Police Nationale. Rapidement bloqués par la police sur l’avenue Charles de Gaule qui mène au centre ville, les étudiants se sont organisés en front et se sont dirigés vers les commissariats de quartiers pour les incendier. Durant la marche, de nombreux étudiants ont été blessés par des jets de pierres et de lacrymogènes. Une vingtaine de personnes auraient été arrêtées. Durant cette marche de nombreux slogans visaient directement Blaise Compaoré et sa clique. Le mouvement semble donc s’élargir autour de revendications dépassant le meurtre du jeune Justin Zongo.



Depuis le début du mouvement, et en plein FESPACO, les enfants de Facebook, ont bien tenté d’élargir les revendications avec notamment la création d’un profil « Blaise Compaoré dégage |1| » ou en appelant à deux reprises à des mobilisations autour du rond-point des cinéastes, lieu symbolique en plein festival cinématographique. Mais peu de gens ont répondu présents. Le FESPACO semblait pourtant être un moment idéal pour faire entendre la grogne sociale...
Aujourd’hui, la jeunesse burkinabée est toujours dans la rue, mais il semble difficile de dire ce qui se passera dans les jours à venir si le reste de la population ne se mobilise pas à ses côtés. Alors que la grève de 72 heures de Koudougou touche à sa fin, une grève de 72 heures vient d’être décidée à Ouagadougou.
« Les forces critiques » composées d’associations et de partis politiques d’opposition, qui avaient joué un rôle important dans le mouvement de contestation qui avait suivi l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, ne constituent plus un moteur de résistance depuis ces dernières années. Aujourd’hui, alors qu’elles ont toujours une forte capacité de mobilisation, elles se sont contentées de condamner les faits, ne cherchant pas à construire un rapport de force en faveur des populations en élargissant les revendications.
Blaise Compaoré dégage !
24 ans de dictature et d’impunité ! Ça suffit, Blaise Compaoré dégage ! Arrivé au pouvoir par un coup d’État et l’assassinat de Thomas Sankara, Blaise Compaoré s’y maintient et compte bien y rester. Trucage des élections, changement de la constitution, rien ne semble l’arrêter. « Réélu en novembre au terme d’un scrutin contesté, avec seulement 1,5 millions de voix (soit 80% des suffrages exprimés !) dans un pays qui compte 16 millions d’habitants, il entend désormais modifier la constitution pour pouvoir conserver son fauteuil indéfiniment » |2|.
Son fauteuil, il le doit à ses amis de la françafrique qui, depuis quelques années, lui confèrent le statut de vieux sage et de faiseur de paix dans la sous-région, et à ses amis de Washington qui ont félicité le Burkina en le qualifiant de « bon élève du FMI ».
Le bon élève, pour le FMI, c’est celui qui paye ses dettes et qui applique les réformes économiques préconisées par l’institution, sans ce soucier de leurs impacts sur la population. Blaise Compaoré est, il est vrai, de ce point de vue, un élève modèle. En 2009, la dette publique extérieure du Burkina Faso atteint légèrement plus de 2 milliards de dollars |3| contre 832 millions de dollars en 1990. En 2009, le service de la dette s’est élevé à 52,3 millions de dollars.
En vingt ans de service, la politique de Blaise Compaoré a multiplié par deux et demi la dette extérieure publique du pays. Dans le même temps, un véritable programme de démantèlement des services publics a débuté, avec la signature en 1991 du premier plan d’ajustement structurel.
Comme ses confrères d’Afrique du nord, Compaoré a aujourd’hui de quoi s’inquiéter, la jeunesse burkinabée semble déterminée à mettre fin à ce trop long règne. « Le monde est un village planétaire et les échos des luttes contre les régimes dictatoriaux de l’Afrique du nord résonnent dans les consciences des jeunes du Burkina. La contagion des révolutions tunisienne et égyptienne menace le Burkina par la similitude des longs règnes et les pratiques des pouvoirs » |4|.
Notes
|1| http://fr-fr.facebook.com/people/Bl...
|2| http://survie.org/francafrique/burk...
|3| Le Burkina Faso en chiffre, édition 2010, INSD www.insd.bf
|4| http://www.independant.bf/article.p...
http://www.cadtm.org/Burkina-Faso-comme-un-ras-le-bol
Un fait divers à l’allure d’une mauvaise série B met le feu aux poudres...
Pour comprendre ce qui s’est passé à Koudougou, un bref retour en arrière sur la situation s’impose.
Tout a commencé par une bagarre entre deux jeunes élèves, une fille et un garçon, d’un lycée de Koudougou (3ème ville du pays à 150 km de Ouagadougou la capitale). Après une paire de gifles qu’elle a reçue du jeune homme, la fille, petite amie d’un policier, s’en est allée porter plainte. Jusqu’ici tout va bien. Mais voilà que le jeune homme, Justin Zongo, ne répond pas à la plainte, ce qui énerve notre policier, ami de la victime. Celui-ci décide alors de venir chercher le jeune homme en pleine classe pour l’amener de force au commissariat, outrepassant le fait que les forces « du désordre » ont l’interdiction d’agir dans les établissement scolaires sans autorisation préalable. Une fois au commissariat, le jeune étudiant est passé à tabac dans les règles de l’art avant d’être relâché. Le jeune homme cherche alors du soutien en avertissant le procureur de Koudougou de la situation, qui convoque et sermonne le policier. Ce dernier retourne alors chercher Justin Zongo qui, trainé au commissariat est de nouveau passé à tabac. L’étudiant ne se remettra pas des coups reçus et il décèdera des suites de ses blessures, après avoir été hospitalisé.
Ses camarades de classe, qui avaient suivi de près cette affaire, organisent une marche jusqu’au gouvernorat de Koudougou. Là, le gouverneur déclare que le décès est dû à une méningite et un acte de décès est rédigé précipitamment pour confirmer cette thèse officielle. Cela n’est pas sans rappeler l’acte de décès de Thomas Sankara, sur lequel était mentionné “mort de mort naturelle”...
Injustices et répressions...
Le 24 févier, face à cette injustice criante, les étudiants se sont révoltés mettant le feu au gouvernorat, au commissariat et à une douzaine de véhicules. Les CRS de Koudougou (qui disposent d’un camp depuis peu dans cette ville « pour redresser la population » connue, depuis l’affaire Norbert Zongo, comme « rebelle » du Burkina Faso) viennent prêter main forte aux policiers. Ils ouvrent le feu et tuent le fils d’un commerçant. Immédiatement c’est toute une ville qui se lève et s’oppose aux forces du désordre. Puis rapidement le mouvement gagne les villes voisines de Poa, Kindi, Léo, Réo et tous les environs avant d’atteindre une semaine plus tard (le 7 mars) les villes de Bobo Dioulasso et Ouahigouya au nord du pays. Élèves et étudiants brûlent les commissariats en signe de protestation contre cette bavure policière. Bilan officiel : 6 morts, de nombreux commissariats brûlés et des policiers chassés de certaines villes.
...augmentation des tensions !
Pour apaiser les tensions, surtout en plein FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou), les autorités ne lésinent pas sur les moyens. Outre la répression, elles décident de fermer les lycées, les collèges et les universités, craignant que le mouvement prenne une allure révolutionnaire à l’odeur de jasmin.
Elles mettent également en place un comité de sages à Koudougou et utilisent les chefs traditionnels, aujourd’hui véritables sbires du régime, pour rencontrer les associations d’élèves et les calmer.
Seulement voilà, les jeunes semblent déterminés. Alors que la reprise des cours devait se faire le 7 mars, à Koudougou un grand sit-in a été organisé à l’occasion duquel une grève de 72 heures à été votée pour que justice soit rendue aux camarades assassinés pendant les révoltes. À Ouagadougou, à l’appel des partis d’opposition, une marche, suivie d’un meeting sur la place de la révolution, a également été organisée. La journée du 7 mars a donc été plus que mouvementée partout dans le pays. Une dizaine de localités ont connu des manifestations et des commissariats ont été incendiés, des édifices publics vandalisés, des barricades érigées, des grèves et marches organisées.
De plus, le 11 mars, à l’appel de l’Association Nationale des Etudiants du Burkina (ANEB), une marche contre l’impunité et pour le jugement de tous les acteurs de ce crime crapuleux a été organisée. Partis de l’Université de Ouagadougou, 7000 étudiants se sont mis en route vers le siège de la Direction Générale de la Police Nationale. Rapidement bloqués par la police sur l’avenue Charles de Gaule qui mène au centre ville, les étudiants se sont organisés en front et se sont dirigés vers les commissariats de quartiers pour les incendier. Durant la marche, de nombreux étudiants ont été blessés par des jets de pierres et de lacrymogènes. Une vingtaine de personnes auraient été arrêtées. Durant cette marche de nombreux slogans visaient directement Blaise Compaoré et sa clique. Le mouvement semble donc s’élargir autour de revendications dépassant le meurtre du jeune Justin Zongo.



Depuis le début du mouvement, et en plein FESPACO, les enfants de Facebook, ont bien tenté d’élargir les revendications avec notamment la création d’un profil « Blaise Compaoré dégage |1| » ou en appelant à deux reprises à des mobilisations autour du rond-point des cinéastes, lieu symbolique en plein festival cinématographique. Mais peu de gens ont répondu présents. Le FESPACO semblait pourtant être un moment idéal pour faire entendre la grogne sociale...
Aujourd’hui, la jeunesse burkinabée est toujours dans la rue, mais il semble difficile de dire ce qui se passera dans les jours à venir si le reste de la population ne se mobilise pas à ses côtés. Alors que la grève de 72 heures de Koudougou touche à sa fin, une grève de 72 heures vient d’être décidée à Ouagadougou.
« Les forces critiques » composées d’associations et de partis politiques d’opposition, qui avaient joué un rôle important dans le mouvement de contestation qui avait suivi l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, ne constituent plus un moteur de résistance depuis ces dernières années. Aujourd’hui, alors qu’elles ont toujours une forte capacité de mobilisation, elles se sont contentées de condamner les faits, ne cherchant pas à construire un rapport de force en faveur des populations en élargissant les revendications.
Blaise Compaoré dégage !
24 ans de dictature et d’impunité ! Ça suffit, Blaise Compaoré dégage ! Arrivé au pouvoir par un coup d’État et l’assassinat de Thomas Sankara, Blaise Compaoré s’y maintient et compte bien y rester. Trucage des élections, changement de la constitution, rien ne semble l’arrêter. « Réélu en novembre au terme d’un scrutin contesté, avec seulement 1,5 millions de voix (soit 80% des suffrages exprimés !) dans un pays qui compte 16 millions d’habitants, il entend désormais modifier la constitution pour pouvoir conserver son fauteuil indéfiniment » |2|.
Son fauteuil, il le doit à ses amis de la françafrique qui, depuis quelques années, lui confèrent le statut de vieux sage et de faiseur de paix dans la sous-région, et à ses amis de Washington qui ont félicité le Burkina en le qualifiant de « bon élève du FMI ».
Le bon élève, pour le FMI, c’est celui qui paye ses dettes et qui applique les réformes économiques préconisées par l’institution, sans ce soucier de leurs impacts sur la population. Blaise Compaoré est, il est vrai, de ce point de vue, un élève modèle. En 2009, la dette publique extérieure du Burkina Faso atteint légèrement plus de 2 milliards de dollars |3| contre 832 millions de dollars en 1990. En 2009, le service de la dette s’est élevé à 52,3 millions de dollars.
En vingt ans de service, la politique de Blaise Compaoré a multiplié par deux et demi la dette extérieure publique du pays. Dans le même temps, un véritable programme de démantèlement des services publics a débuté, avec la signature en 1991 du premier plan d’ajustement structurel.
Comme ses confrères d’Afrique du nord, Compaoré a aujourd’hui de quoi s’inquiéter, la jeunesse burkinabée semble déterminée à mettre fin à ce trop long règne. « Le monde est un village planétaire et les échos des luttes contre les régimes dictatoriaux de l’Afrique du nord résonnent dans les consciences des jeunes du Burkina. La contagion des révolutions tunisienne et égyptienne menace le Burkina par la similitude des longs règnes et les pratiques des pouvoirs » |4|.
Notes
|1| http://fr-fr.facebook.com/people/Bl...
|2| http://survie.org/francafrique/burk...
|3| Le Burkina Faso en chiffre, édition 2010, INSD www.insd.bf
|4| http://www.independant.bf/article.p...
lundi 21 mars 2011
Journal burkinabé "Le pays", la chronique du fou du 11 Mars 2011,

Pauvres plats burkinabè ! Non contents de vous dédaigner au profit des plats venus d’ailleurs, mes compatriotes vous donnent des qualificatifs vraiment indignes. Le célèbre "tô" est si méprisé qu’on arrive même à penser qu’il met "l’Afrique en danger", pendant qu’on estime que les délicieux, nutritifs "kansa", "souma", "benga" et "gonré" (1) ne sont ni plus ni moins que du "béton armé" !
Arrêtons ça ! Il est temps que nous témoignions du respect et de la considération pour nos mets locaux. Ton enfant reste ton enfant, même s’il est aussi bouché qu’un cochon ivre. Et d’ailleurs, nos mets ne sont pas si mal au point d’être si méprisés ! Le "kanzaga" est très délicieux et le "chitoumou" (2) bobolais est très nourrissant.
Ce n’est pas le ministère de la Santé qui dira le contraire, lui qui fait des publications sur les avantages nutritifs de nos mets locaux. Les Ivoiriens apprécient bien le "benga" quand ils nous rendent visite. Parlant d’Ivoiriens, en verrez-vous un seul qui pousserait un juron de dégoût si on lui chuchotait à l’oreille "garba" ou sauce graine ? Ou avez-vous déjà vu un Marocain dire safouroulayi à une assiette de couscous ? Je suis sûr que non ! Remarquez : je n’ai pas besoin d’aller à Rabat ou à Abidjan pour connaître l’existence de ces plats : ils sont au Burkina, sous notre nez ! Mais vous, vos plats-là, est-ce qu’on les connaît au Maroc, au Sénégal ou en Somalie ? Vous voyez sans doute au Burkina des restaurants où c’est écrit "ici, spécialités sénégalaises". Mais est-ce qu’ailleurs, pour ceux qui ont déjà voyagé, rencontrez-vous régulièrement un restaurant spécialisé qui propose du "babenda", du "sagabo" ou tout autre plat burkinabè ? Même s’il y en a, ils ne sont pas nombreux.

Tout ceci est simplement dû au fait que nous sommes bourrés de complexes quand il s’agit de nos propres plats. Je suis certain qu’ils sont nombreux les Burkinabè qui ont honte de dire qu’ils mangent du "benga" ou du "souma" à midi. Assurément, je verrai difficilement un Burkinabè, recevant la visite de son ami canadien, l’amener dans le restaurant "par terre" de Tantie Bonne Soupe au bord du boulevard Charles de Gaulle pour lui faire goûter ses mets. Ou bien, je ne suis pas certain qu’une personnalité de notre pays accepterait d’avoir du "gonré" sur sa table autour de laquelle sont assis des "môgô puissants".
Si vous n’aimez pas votre nourriture, comment voulez-vous alors la vendre à d’autres peuples ? C’est justement parce que nous avons honte de nos plats que nous ne créons pas de cadres qui pourront les valoriser. C’est vrai qu’il y a des concours, des festivals où nos mets sont mis en valeur. Mais c’est trop circonstanciel et c’est dans des cercles trop restreints. Y a-t-il de grands chefs cuisiniers de restaurants ou d’hôtels burkinabè qui proposent des mets du terroir dans leur menu à leurs clients ? Je ne pense pas que beaucoup de gens y ont songé.
Pourtant, il faut que les maîtres de la cuisine commencent à bichonner, à soigner, à enrichir nos plats afin de les imposer. Il faut continuer le travail déjà abattu dans le domaine des boissons. Aujourd’hui, on sert du "bissap", du "yamacoudji" dans les grands hôtels et les grandes réceptions. Il faut que les intellectuels arrêtent de cracher (pardon) sur nos plats. Il faut qu’ils les valorisent. Pour commencer, aimons ce que nous mangeons. Soyons-en fiers. Ensuite, améliorons le design, la manière de présenter de notre "mangement" et quand un étranger vient ici, faisons-lui goûter à notre "babenda", notre "kansa". Vous n’avez toujours pas compris ? J’ai dit, décomplexons et consommons burkinabè, nom d’un "chitoumou" !
Le Fou
(1) "kansa", "souma", "benga" et "gonré" : respectivement, crêpe faite avec des haricots, poids de terre cuits, haricots bouillis, et gâteau de haricot.
(2) Kanzaga, chitoumou : respectivement, plat à base de feuilles d'oseilles, nom d'une chenille comestible.
Articles extraits du quotidien burkinabè Le pays du vendredi 11 mars 2011 où vous trouverez de nombreux commentaires, souvent pertinents !
En cadeau, la recette du BISSAP :
Le Bissap (origine Wolof)ou carcadé est une boisson à base de fleurs d’hibiscus.
Préparation du bissap
Amener l'eau à ébullition. Ajouter 1 à 2 cuillères à café de fleurs d'hibiscus par tasse. Retirer du feu. Sucrer selon votre goût et laisser infuser 10 minutes environ jusqu'à ce que l'infusion devienne pourpre.
Filtrer avant de servir (ou utiliser une boule à thé).
L'infusion d'hibiscus se déguste chaude ou froide (très rafraichissante).
jeudi 24 février 2011
Bach chanté à Lambaréné
Un CD retrouvé qui me reporte en 1995 quand je suis allée à Goma, ville de la République Démocratique du Congo, ex-Zaïre, pour Reporters sans frontières, au milieu des réfugiés Tutsis qui avaient fui les bourreaux du Rwanda.
Ce soir je pense à ceux qui se sont levés au péril de leur vie pour renverser le dictateur lybien...
Ce soir je pense à ceux qui se sont levés au péril de leur vie pour renverser le dictateur lybien...
dimanche 13 février 2011
FORUM SOCIAL MONDIAL Bilan

COMMUNIQUE d'AURELIE TROUVE co-présidente d'ATTAC France
Forum social mondial : la colère gronde en Afrique
Après la rédaction d’une Charte mondiale pour les migrants à Gorée et le Forum sciences et démocratie, une grande manifestation a vu 70 000 personnes défiler pour l’ouverture du Forum mondial et près de 75 000 participants se sont réunis autour d’un millier d’ateliers. Certes, il a fallu faire face aux difficultés d’organisation, liées au surnombre d’activités et à des problèmes avec l’université d’accueil. Mais l’“esprit” Forum était bien là, de même que la participation importante des mouvements de femmes dont la détermination a marqué ce forum, et des mouvements africains et sénégalais, en pleine ébullition.Ce fut aussi pour nous l’occasion de la création spontanée d’Attac Sénégal, et d’une rencontre entre les Attac d’Afrique d’une dizaine de pays et nos militants européens, japonais, argentins...
Les soulèvements pour la démocratie en Tunisie, en Egypte et ailleurs en Afrique ont marqué profondément le Forum et sont un immense espoir pour les luttes du continent et dans le monde entier. “Une dictature sanglante vient d’être vaincue” : ce cri de Fathi Chamkhi, d’Attac Tunisie, a embrasé l’assemblée des mouvements sociaux, qui s’est tenue jeudi dans une salle bondée d’un millier de personnes. Et quand la rumeur du départ de Moubarak a circulé, tous étaient convaincus qu’“un autre monde” est possible. D’ores et déjà, la date du 20 mars a été retenue pour des initiatives de solidarité avec ces luttes pour la démocratie. La colère gronde en Afrique, parce que le capitalisme néolibéral, avec la marchandisation du monde, a entamé une nouvelle offensive, avec un accaparement à grande échelle de toutes les ressources naturelles et des terres. De très nombreux ateliers portaient sur les luttes locales qui s’organisent face à l’expropriation des populations par les multinationales, les grands investisseurs et les pays riches.
Les “assemblées pour l’action” tenues pendant les deux derniers jours, ont été l’occasion de préparer les mobilisations internationales, en leur donnant un ancrage local. La conférence des Nations unies à Durban sur le réchauffement climatique en novembre 2011, la conférence “Rio +20” à Rio de Janeiro suite au Sommet de la terre de 1992 et le Forum mondial de l’eau à Marseille en 2012 sont trois rendez-vous majeurs pour les luttes pour la justice climatique, celles contre l’accaparement des ressources et pour la préservation des biens communs. Le 18 décembre prochain sera une journée de mobilisation internationale pour le respect des droits des migrants et le droit à la libre circulation. Enfin, les organisations françaises ont une responsabilité importante dans la préparation d’une mobilisation internationale face aux G8 et G20, qui se tiendront en France en mai et novembre prochains. De l’”assemblée pour l’action”, qu’Attac a organisée avec de nombreux autres partenaires, est sorti un appel à mobilisation, qui devra être la plus internationale et la plus large possible.

Les “assemblées pour l’action” tenues pendant les deux derniers jours, ont été l’occasion de préparer les mobilisations internationales, en leur donnant un ancrage local. La conférence des Nations unies à Durban sur le réchauffement climatique en novembre 2011, la conférence “Rio +20” à Rio de Janeiro suite au Sommet de la terre de 1992 et le Forum mondial de l’eau à Marseille en 2012 sont trois rendez-vous majeurs pour les luttes pour la justice climatique, celles contre l’accaparement des ressources et pour la préservation des biens communs. Le 18 décembre prochain sera une journée de mobilisation internationale pour le respect des droits des migrants et le droit à la libre circulation. Enfin, les organisations françaises ont une responsabilité importante dans la préparation d’une mobilisation internationale face aux G8 et G20, qui se tiendront en France en mai et novembre prochains. De l’”assemblée pour l’action”, qu’Attac a organisée avec de nombreux autres partenaires, est sorti un appel à mobilisation, qui devra être la plus internationale et la plus large possible.
BONUS :
Forum Mondial Social Dakar:
Une quinzaine de vidéos sont prêtes et visibles en lignes sur :
> www.alachaine.ch
> Faites votre choix. Et diffuser les liens.
samedi 12 février 2011
FORUM SOCIAL MONDIAL à DAKAR
Geneviève Azam, d’ATTAC parle de l’ambiance de la marche d’ouverture, des enjeux du FSM de Dakar par rapport au G8 et G20 :
FSM Dakar G.Azam
envoyé par Attac_France. - L'actualité du moment en vidéo.
Gus Massiah, président du CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) revient sur les enjeux et le rapport avec le G8-G20.
FSM Dakar Gus Massiah sur les enjeux, le rapport avec G8-G20
envoyé par Attac_France. - L'info internationale vidéo.
FSM Dakar G.Azam
envoyé par Attac_France. - L'actualité du moment en vidéo.
Gus Massiah, président du CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) revient sur les enjeux et le rapport avec le G8-G20.
FSM Dakar Gus Massiah sur les enjeux, le rapport avec G8-G20
envoyé par Attac_France. - L'info internationale vidéo.
mercredi 2 février 2011
Le Forum Social Mondial 2011 à Dakar

Chico Whitaker, Christophe Aguiton, Michel Warscharwski lors du FSM 2004 à Mumbai
Des caravanes de l’Ouest africain en route vers Dakar !
La mobilisation des mouvements sociaux est vitale pour la réussite du FSM
Plusieurs caravanes composées d’activistes de différents mouvements sont donc parties ces derniers jours de différents pays d’Afrique de l’Ouest afin de sensibiliser les populations et de convaincre un maximum de personnes de participer au processus FSM. Plusieurs milliers de kilomètres sont parcourus en bus par les caravaniers. Le CADTM apporte un important soutien humain et financier à cette initiative créative et militante. Pour suivre les activités des caravanes parties de Cotonou le 23 janvier, lisez le carnet de route de Pauline Imbach, Zinaba Aboudou Rasmane et Samir Abi[2]. Des centaines de caravaniers rejoindront Kaolack (au sud-est de Dakar) le 4 février où les attendront les participantes d’une rencontre internationale sur les luttes féministes organisée par le CADTM. En effet, les 3 et 4 février, l'APROFES (Association pour la promotion de la femme sénégalaise, membre du CADTM) et le réseau international CADTM organisent à Kaolack deux journées de formation et de débat sur le féminisme. Pour la clôture de cette activité, on attend une participation de plusieurs centaines de femmes.
Souce : CADTM
Texte de Chico Whitaker
Francisco "Chico" Whitaker Ferreira (né en 1931), est un architecte brésilien,militant politique et social. Chico Whitaker est membre de l'organisation des FSM depuis la première édition qui s'est tenue en 2001 à Porto Alegre au Brésil, .

Le 6 février, la marche d’ouverture du Forum Social Mondial de 2011 commencera à remplir les rues de Dakar, au Sénégal. Les caravanes qui croiseront l’Afrique pour y arriver ont déjà laissé leurs points de départ. Les multiples délégations venant des autres continents – dont quelques unes réunissant plusieurs centaines de personnes, d’autres plus modestes à cause du plus long chemin à faire – commencent à fermer leurs valises pour prendre les avions. Les membres des organisations africaines qui « facilitent » la réalisation de cet évènement passent leurs dernières nuits sans dormir pour résoudre les derniers problèmes avant la séance d’ouverture. On ne s’attend pas a un immense Forum, comme le dernier en 2009 à Belem, au Brésil, avec ses 150.000 participants. Cela par la simples raison qu'autour de 80% de ces participants viennent en général du pays ou région où il a lieu, et le Sénégal a 15 fois moins d’habitants que le Brésil. Mais ce Forum aura du succès dans beaucoup d’autres aspects. Les participants des autres pays du monde seront très nombreux. Lula, ex-Président du Brésil, y sera comme citoyen. Le nombre moins important des présents à Dakar sera compensé par un grande nombre de conférences par internet avec des groupes et Forums locaux réunis partout dans le monde (seulement en France il y aura 70 !...) – le « Dakar étendue », une nouvelle dimension décisive des Forums Mondiaux. De même la Diaspora Africaine sera l’objet de plusieurs manifestations la renforçant comme réalité politique. Les Forums ayant lieu avant le FSM se sont préparés avec une énergie redoublée, comme celui des scientifiques engagés pour la démocratie, dont le premier s’est réalisé en 2009 à Belem et comme celui des théologiens, qui est né avec le premier FSM à Porto Alegre en 2001.
Après dix ans d’articulation de la société civile, rendue possible par « le processus FSM », chacune des activités auto-organisées, qui donnent du contenu aux discussions dans l’espace du Forum et aux propositions qu’y sont faites, sont maintenant le résultat de l’association d’un plus grand nombre d’organisations et ont gagné de la densité.
L’accumulation des analyses, des dénonciations et des propositions pour changer le monde, faites dans les Forums précédents, a permis de voir plus clairement les grands dangers que le monde subit actuellement, de même que la nécessité d’enraciner maintenant la notion d’universalité dans les valeurs du sud du monde, et que l’ensemble des crises vécues aujourd’hui constituent une vraie crise de civilisation. Beaucoup plus voient chaque fois plus nettement que cela exige des nouveaux paradigmes pour que l’humanité retrouve son chemin vers la paix, la justice et l’amour, et pour que la planète Terre ne soit pas détruite par l’irrationalité de la lutte pour le profit et par une globalisation dictée par les intérêts de l'argent, en détriment des besoins des être humains. Voilà qu’un important pas en plus sera donné en février à Dakar pour construire l’autre monde possible, qui se montre absolument nécessaire et qui est devenu extrêmement urgent.
31012011
Extrait d'un entretien lors du FSM de Mumbai du 16 au 21 janvier 2004
"Le forum social n'est qu'un espace pour rendre des rencontres possibles entre les organisations . Si les mouvements ne prennent pas des initiatives en utilisant notamment le Forum Social comme lieu pour articuler leurs actions entre elles, rien ne se fera. Par exemple sur l'Eau, les associations qui travaillent dans ce domaine doivent se concerter entre elles pour élaborer des propositions et faire pression sur les gouvernements pour faire changer les choses.
Il ne faut pas que tout le monde participe a tout les forums sociaux. Il faut savoir aussi organiser les niveaux : les associations locales s'organisent localement, les associations nationales a l'échelle du pays... Les forums sociaux doivent surtout se développer localement, c'est un processus qui va certainement monter dans les mois qui viennent. C'est aussi à chaque forum de s'organiser, de choisir ses thèmes. Il faut concevoir les forums comme des réseaux qui doivent fonctionner dans une perspective de non directivité. Il faut aussi trouver le moyen de pérenniser ces espaces de travail qui sont importants pour sortir des particularismes de chaque organisation et faire travailler les associations ensemble."
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