jeudi 16 juin 2011

une nouvelle campagne internationale pour l'accès de tous à l'alimentation


Le 1er juin 2011, Oxfam a lancé une nouvelle campagne internationale pour s'assurer que chacun et chacune ait suffisamment à manger. C'est ainsi qu'Oxfam Burkina et ses partenaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour demander l'accès de tous à l'alimentation.

À cette occasion, le directeur d’Oxfam Burkina, Omer Kaboré, a décrit le contexte de la situation alimentaire régionale et nationale : « Cette crise alimentaire que nous vivons, et la flambée des prix des denrées alimentaires, est le fait d’une absurde injustice mondiale ». Ainsi, chaque jour, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que « notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous et toutes ».

Pour lutter contre cette injustice, il faut faire un minimum d'analyse, sinon on risque de se tromper de remèdes. C'est bien de rappeler qu'un milliard de personnes souffrent de la faim. Mais il est bon d'ajouter que parmi eux, 700 000 sont des paysans. On ne peut pas se contenter de mesures à court terme comme celles du gouvernement burkinabè qui a décidé de subventionner le riz importé pendant 3 mois pour soulager les consommateurs urbains. Et les consommateurs ruraux, qui forment 80% de la population, faut-il les oublier parce qu'ils n'ont rien cassé ? !
Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète de la volatilité des prix de l'alimentation sur le marché mondial. Je constate que le Burkina et les autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont mal à l'aise avec les taxes fixes à l'importation. Et c'est fort compréhensible. Les gouvernements sont tiraillés entre deux orientations. La première : nourrir la ville aux moindres coûts, quitte à supprimer, par exemple, la taxe à l'importation sur le riz (comme en 2008), voire subventionner le riz importé (comme cette année 2011, depuis le 9 mai). D'un autre côté, ils voudraient bien soutenir leurs paysans, mais sans pénaliser les consommateurs urbains. C'est pourquoi les gouvernements de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'arrivent pas à s'entendre sur les produits alimentaires qu'ils pourraient taxer à l'importation à un taux de 35%.
C'est qu'en effet, une telle taxe fixe, loin de protéger du marché mondial, va amplifier ses variations. Prenons un exemple. Supposons qu'un sac de 50 kg de riz arrive aujourd'hui au port d'Abidjan à 10 000 F. Si vous lui appliquez une taxe de 35%, il va coûter 13 500 F. Vous avez ajouté une taxe de 3 500 F. Supposons maintenant que la crise alimentaire mondiale s'accentue et que le prix du riz double. Avec une taxe de 35%, le riz va maintenant coûter 27 000 F. Votre taxe a aggravé la situation en faisant exploser le prix du riz.Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

Article publié par Maurice Oudet
Président du SEDELAN : sedelan@abcburkina.net

une nouvelle campagne internationale pour l'accès de tous à l'alimentation

Le 1er juin 2011, Oxfam a lancé une nouvelle campagne internationale pour s'assurer que chacun et chacune ait suffisamment à manger. C'est ainsi qu'Oxfam Burkina et ses partenaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour demander l'accès de tous à l'alimentation.

À cette occasion, le directeur d’Oxfam Burkina, Omer Kaboré, a décrit le contexte de la situation alimentaire régionale et nationale : « Cette crise alimentaire que nous vivons, et la flambée des prix des denrées alimentaires, est le fait d’une absurde injustice mondiale ». Ainsi, chaque jour, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que « notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous et toutes ».

Pour lutter contre cette injustice, il faut faire un minimum d'analyse, sinon on risque de se tromper de remèdes. C'est bien de rappeler qu'un milliard de personnes souffrent de la faim. Mais il est bon d'ajouter que parmi eux, 700 000 sont des paysans. On ne peut pas se contenter de mesures à court terme comme celles du gouvernement burkinabè qui a décidé de subventionner le riz importé pendant 3 mois pour soulager les consommateurs urbains. Et les consommateurs ruraux, qui forment 80% de la population, faut-il les oublier parce qu'ils n'ont rien cassé ? !
Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète de la volatilité des prix de l'alimentation sur le marché mondial. Je constate que le Burkina et les autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont mal à l'aise avec les taxes fixes à l'importation. Et c'est fort compréhensible. Les gouvernements sont tiraillés entre deux orientations. La première : nourrir la ville aux moindres coûts, quitte à supprimer, par exemple, la taxe à l'importation sur le riz (comme en 2008), voire subventionner le riz importé (comme cette année 2011, depuis le 9 mai). D'un autre côté, ils voudraient bien soutenir leurs paysans, mais sans pénaliser les consommateurs urbains. C'est pourquoi les gouvernements de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'arrivent pas à s'entendre sur les produits alimentaires qu'ils pourraient taxer à l'importation à un taux de 35%.
C'est qu'en effet, une telle taxe fixe, loin de protéger du marché mondial, va amplifier ses variations. Prenons un exemple. Supposons qu'un sac de 50 kg de riz arrive aujourd'hui au port d'Abidjan à 10 000 F. Si vous lui appliquez une taxe de 35%, il va coûter 13 500 F. Vous avez ajouté une taxe de 3 500 F. Supposons maintenant que la crise alimentaire mondiale s'accentue et que le prix du riz double. Avec une taxe de 35%, le riz va maintenant coûter 27 000 F. Votre taxe a aggravé la situation en faisant exploser le prix du riz.Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

Article publié par SEDELAN : sedelan@abcburkina.net

une nouvelle campagne internationale pour l'accès de tous à l'alimentation

Le 1er juin 2011, Oxfam a lancé une nouvelle campagne internationale pour s'assurer que chacun et chacune ait suffisamment à manger. C'est ainsi qu'Oxfam Burkina et ses partenaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour demander l'accès de tous à l'alimentation.

À cette occasion, le directeur d’Oxfam Burkina, Omer Kaboré, a décrit le contexte de la situation alimentaire régionale et nationale : « Cette crise alimentaire que nous vivons, et la flambée des prix des denrées alimentaires, est le fait d’une absurde injustice mondiale ». Ainsi, chaque jour, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que « notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous et toutes ».

Pour lutter contre cette injustice, il faut faire un minimum d'analyse, sinon on risque de se tromper de remèdes. C'est bien de rappeler qu'un milliard de personnes souffrent de la faim. Mais il est bon d'ajouter que parmi eux, 700 000 sont des paysans. On ne peut pas se contenter de mesures à court terme comme celles du gouvernement burkinabè qui a décidé de subventionner le riz importé pendant 3 mois pour soulager les consommateurs urbains. Et les consommateurs ruraux, qui forment 80% de la population, faut-il les oublier parce qu'ils n'ont rien cassé ? !
Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète de la volatilité des prix de l'alimentation sur le marché mondial. Je constate que le Burkina et les autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont mal à l'aise avec les taxes fixes à l'importation. Et c'est fort compréhensible. Les gouvernements sont tiraillés entre deux orientations. La première : nourrir la ville aux moindres coûts, quitte à supprimer, par exemple, la taxe à l'importation sur le riz (comme en 2008), voire subventionner le riz importé (comme cette année 2011, depuis le 9 mai). D'un autre côté, ils voudraient bien soutenir leurs paysans, mais sans pénaliser les consommateurs urbains. C'est pourquoi les gouvernements de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'arrivent pas à s'entendre sur les produits alimentaires qu'ils pourraient taxer à l'importation à un taux de 35%.
C'est qu'en effet, une telle taxe fixe, loin de protéger du marché mondial, va amplifier ses variations. Prenons un exemple. Supposons qu'un sac de 50 kg de riz arrive aujourd'hui au port d'Abidjan à 10 000 F. Si vous lui appliquez une taxe de 35%, il va coûter 13 500 F. Vous avez ajouté une taxe de 3 500 F. Supposons maintenant que la crise alimentaire mondiale s'accentue et que le prix du riz double. Avec une taxe de 35%, le riz va maintenant coûter 27 000 F. Votre taxe a aggravé la situation en faisant exploser le prix du riz.Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

une nouvelle campagne internationale pour accès de tous à l'alimentation

Le 1er juin 2011, Oxfam a lancé une nouvelle campagne internationale pour s'assurer que chacun et chacune ait suffisamment à manger. C'est ainsi qu'Oxfam Burkina et ses partenaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour demander l'accès de tous à l'alimentation.

À cette occasion, le directeur d’Oxfam Burkina, Omer Kaboré, a décrit le contexte de la situation alimentaire régionale et nationale : « Cette crise alimentaire que nous vivons, et la flambée des prix des denrées alimentaires, est le fait d’une absurde injustice mondiale ». Ainsi, chaque jour, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que « notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous et toutes ».

Pour lutter contre cette injustice, il faut faire un minimum d'analyse, sinon on risque de se tromper de remèdes. C'est bien de rappeler qu'un milliard de personnes souffrent de la faim. Mais il est bon d'ajouter que parmi eux, 700 000 sont des paysans. On ne peut pas se contenter de mesures à court terme comme celles du gouvernement burkinabè qui a décidé de subventionner le riz importé pendant 3 mois pour soulager les consommateurs urbains. Et les consommateurs ruraux, qui forment 80% de la population, faut-il les oublier parce qu'ils n'ont rien cassé ? !
Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète de la volatilité des prix de l'alimentation sur le marché mondial. Je constate que le Burkina et les autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont mal à l'aise avec les taxes fixes à l'importation. Et c'est fort compréhensible. Les gouvernements sont tiraillés entre deux orientations. La première : nourrir la ville aux moindres coûts, quitte à supprimer, par exemple, la taxe à l'importation sur le riz (comme en 2008), voire subventionner le riz importé (comme cette année 2011, depuis le 9 mai). D'un autre côté, ils voudraient bien soutenir leurs paysans, mais sans pénaliser les consommateurs urbains. C'est pourquoi les gouvernements de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'arrivent pas à s'entendre sur les produits alimentaires qu'ils pourraient taxer à l'importation à un taux de 35%.
C'est qu'en effet, une telle taxe fixe, loin de protéger du marché mondial, va amplifier ses variations. Prenons un exemple. Supposons qu'un sac de 50 kg de riz arrive aujourd'hui au port d'Abidjan à 10 000 F. Si vous lui appliquez une taxe de 35%, il va coûter 13 500 F. Vous avez ajouté une taxe de 3 500 F. Supposons maintenant que la crise alimentaire mondiale s'accentue et que le prix du riz double. Avec une taxe de 35%, le riz va maintenant coûter 27 000 F. Votre taxe a aggravé la situation en faisant exploser le prix du riz.Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
Le 1er juin 2011, Oxfam a lancé une nouvelle campagne internationale pour s'assurer que chacun et chacune ait suffisamment à manger. C'est ainsi qu'Oxfam Burkina et ses partenaires se sont retrouvés à Ouagadougou pour demander l'accès de tous à l'alimentation.

À cette occasion, le directeur d’Oxfam Burkina, Omer Kaboré, a décrit le contexte de la situation alimentaire régionale et nationale : « Cette crise alimentaire que nous vivons, et la flambée des prix des denrées alimentaires, est le fait d’une absurde injustice mondiale ». Ainsi, chaque jour, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que « notre monde produit suffisamment de nourriture pour tous et toutes ».

Pour lutter contre cette injustice, il faut faire un minimum d'analyse, sinon on risque de se tromper de remèdes. C'est bien de rappeler qu'un milliard de personnes souffrent de la faim. Mais il est bon d'ajouter que parmi eux, 700 000 sont des paysans. On ne peut pas se contenter de mesures à court terme comme celles du gouvernement burkinabè qui a décidé de subventionner le riz importé pendant 3 mois pour soulager les consommateurs urbains. Et les consommateurs ruraux, qui forment 80% de la population, faut-il les oublier parce qu'ils n'ont rien cassé ? !
Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète de la volatilité des prix de l'alimentation sur le marché mondial. Je constate que le Burkina et les autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont mal à l'aise avec les taxes fixes à l'importation. Et c'est fort compréhensible. Les gouvernements sont tiraillés entre deux orientations. La première : nourrir la ville aux moindres coûts, quitte à supprimer, par exemple, la taxe à l'importation sur le riz (comme en 2008), voire subventionner le riz importé (comme cette année 2011, depuis le 9 mai). D'un autre côté, ils voudraient bien soutenir leurs paysans, mais sans pénaliser les consommateurs urbains. C'est pourquoi les gouvernements de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest) n'arrivent pas à s'entendre sur les produits alimentaires qu'ils pourraient taxer à l'importation à un taux de 35%.
C'est qu'en effet, une telle taxe fixe, loin de protéger du marché mondial, va amplifier ses variations. Prenons un exemple. Supposons qu'un sac de 50 kg de riz arrive aujourd'hui au port d'Abidjan à 10 000 F. Si vous lui appliquez une taxe de 35%, il va coûter 13 500 F. Vous avez ajouté une taxe de 3 500 F. Supposons maintenant que la crise alimentaire mondiale s'accentue et que le prix du riz double. Avec une taxe de 35%, le riz va maintenant coûter 27 000 F. Votre taxe a aggravé la situation en faisant exploser le prix du riz.Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).Remplaçons maintenant cette taxe à un taux fixe de 35%, par un prix d'entrée fixé à 13 500 F. Aujourd'hui, il n'y a rien de changé. Mais si le prix du riz double sur le marché mondial, pour atteindre les 20 000 F le sac de 50 kg, il n'y aura pas une taxe à imposer. En effet le prix mondial est alors au-dessus du prix d'entrée, il peut entrer librement à l'intérieur du marché commun de la CEDEAO. Il coûtera donc 20 000 F au lieu de 27 000 F.
S'il arrivait que le prix du riz baisse sur le marché mondial (hypothèse peu probable actuellement), alors, et alors seulement, il serait taxé. Cette taxe serait égale à la différence entre le prix du riz arrivé au port d'Abidjan (ou de Cotonou, etc.) et le prix d'entrée. Cette taxe est appelée « prélèvement ». Et comme elle varie en fonction du prix sur le marché mondial, on précise « prélèvement variable ». Voyons deux exemples. Le sac de 50 kg de riz arrive à l'entrée de la CEDEAO à 11 000 F, le prélèvement sera de 13 500 F - 11 000 F = 2 500 F. S'il grimpe à 13 000 F, le prélèvement ne sera plus que de 500 F (13 500 F - 13 000 F = 500 F). Et les prix resteront stables sur le marché national. Les consommateurs urbains apprécieront cette stabilité et également les producteurs de riz qui sauront à quoi s'en tenir. Il s'agit donc de trouver un prix juste qui permette aux producteurs de riz burkinabè de vivre dignement de leur travail (et donc de développer la filière riz) et aux consommateurs urbains de continuer à avoir accès au riz, qu'il soit local ou importé.
La CEDEAO pourrait commencer par fixer quelques prix d'entrée sur les produits les plus sensibles (par exemple le riz, le sucre, l'huile, le lait en poudre et les substituts au lait concentré sucré et au double concentré de tomate). Puis, peu à peu remplacer l'ensemble du TEC (le Tarif Extérieur Commun, c'est-à-dire l'ensemble des taxes à l'importation) par des prix d'entrée.
Le contexte mondial caractérisé par une grande variabilité des prix alimentaires offre une opportunité à la Commission de la CEDEAO pour négocier un tel changement à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

dimanche 22 mai 2011

« Ou bien c’est 300 F le kilo, ou on ne fait pas de coton »




















« Ou bien c’est 300 F le kilo, ou on ne fait pas de coton »
C'est ce que demandent ces producteurs, d'après l'article de Séri Aymard BOGNINI dans L’Express du Faso du 25 avril 2011. L'auteur poursuit :
« La nouvelle de l’augmentation du prix du kilogramme de coton et en même temps que celle du prix des intrants n’a pas été bien accueillie à l’Union provinciale des producteurs du Houet. Immédiatement après son annonce, l’Union a tenu une assemblée générale extraordinaire le 19 avril pour faire connaître sa position. Le prix du kilogramme de coton à 245 F CFA est « très bas » : les participants, demandent de le porter à 300 F CFA, tout en maintenant le prix des intrants comme proposé. « En 2004-2005, le prix du kilo (de coton fibre) sur le marché mondial était autour de 820 F et le prix (du kilo de coton graine) au producteur était de 210 F. En 2007-2008, alors qu’il était de 620 F, on nous a payé le coton à 155 F. Aujourd’hui, sur le marché mondial, le prix est autour de 2000 F et on veut nous payer le kilo à 245 F ; ce n’est pas possible », a expliqué le président de l’Union provinciale. « Au moment où on parle d’embellie sur le marché mondial, nous fixer un tel prix n’est pas acceptable », a-t-il ajouté.












Les producteurs ont décidé de manifester leur désaccord et de plusieurs manières. « Actuellement, nous sommes en train de faire signer une pétition par tous les producteurs de coton. Si nous ne sommes pas compris, nous allons boycotter la production par la réduction des superficies ou le refus de produire du coton », explique le président Ouattara. « L’idée de manifester a germé, mais nous avons estimé que le pays a connu assez de manifestations bruyantes. Aussi, nous avons décidé de manifester dans nos champs en laissant le choix à chaque producteur de choisir ce qui l’arrange », a ajouté le président. Avant de conclure en ces termes : « Nous avons assez accompagné les sociétés cotonnières, nous aussi nous voulons bénéficier de l’embellie ».















Pour ma part, je trouve la réaction des producteurs de coton de la Province du Houet tout à fait justifiée. J'irai même plus loin. À ma connaissance, les cours du coton sur le marché mondial n'ont jamais été si élevés. Si, dans ces conditions, les sociétés cotonnières ne sont pas capables d'offrir aux producteurs de coton du Burkina un prix rémunérateur, il est temps, pour ces derniers, de se préparer à abandonner la culture du coton.
Or, dans le même article, il est écrit : « Selon un technicien, en tenant compte des rendements et du type de coton (conventionnel ou génétiquement modifié), le producteur qui fait une production de 1200 kg (de coton conventionnel) par hectare et qui suit le paquet technologique requis peut faire un net à gagner de 53 313 F CFA. Si le même producteur, au lieu du coton conventionnel, produit du coton génétiquement modifié, avec un minimum du paquet technologique avec un rendement de 1 560 Kg, il fait un net à gagner de 78 165 F CFA. Plus le rendement augmente, plus le bénéfice augmente. C’est dire que pour faire de bonnes affaires dans le coton, les producteurs devront mettre l’accent sur l’application du paquet technologique, l’utilisation de la fumure organique et le bon rendement. Dans tous les cas, semble-t-il, le prix du coton est toujours fixé au Burkina en faveur du producteur. » Ce technicien ne se rend même pas compte de ce qu'il dit. Comment peut-il affirmer qu'un prix (pour le coton graine) qui donne un revenu pour le producteur de 50 000 F à 80 000 F pour un hectare est « un prix fixé en faveur du producteur. » Je doute fort qu’il n’ait jamais cultivé lui-même un seul hectare de coton dans sa vie.














En écrivant cela, je pense à un ami, cultivateur. Il habite un village de la province du Houet où tous les paysans font du coton. Sauf lui. Il a abandonné cette culture depuis de nombreuses années. Il la trouve trop peu rentable à l'hectare, mais surtout en considération du travail qu'elle demande. La récolte, par exemple, peut s'étaler jusqu'en février. Mais voici qu'en grandissant, son fils aîné, voyant tous ses camarades faire du coton, a voulu faire comme eux. Son père a d'abord refusé. Mais comme son fils insistait, son père lui a dit : « D'accord, nous allons faire du coton cette année. Mais nous noterons tous les travaux qu'il nous faudra faire pour cela, toutes les heures et toutes les fatigues, et, bien sûr, toutes les dépenses. Quand, enfin, nous aurons été payés, nous allons nous asseoir et nous ferons le bilan. Et alors, nous déciderons de continuer ou d’arrêter. » C'est ce qu'ils ont fait. À la fin du bilan, son fils lui a dit : « Papa, tu avais raison. L'an prochain, nous ne ferons plus de coton. »

C'est ce même paysan qui me dit que depuis plusieurs années il cultive le soja. Que s'il ne met pas d'engrais, il récolte tout de même 10 sacs de 100 kilos à l'hectare. Des sacs qu'il revendra 15 000 F le sac à la récolte s'il a un besoin pressant d'argent ; ou 30 000 F le sac s'il peut attendre quelques mois avant de vendre sa récolte. Comme il lui faut 30 kg de semences par hectare, cela lui donne un revenu net à l'hectare de soja de l'ordre de 145 000 F à 295 000 F. À comparer au « net à gagner de 53 313 F CFA à 78 165 F CFA » pour le coton. Et cela pour un travail bien moins pénible, et pour une culture (le soja est une oléagineuse) qui enrichit la terre en azote.
Si j'ai un conseil à donner à tous les producteurs de coton qui ont décidé de réduire leur superficie de coton, voire d'abandonner cette culture, c'est de se tourner vers le soja. Au Burkina, il y a un marché croissant pour le soja. Les éleveurs sont en train de se rendre compte que le soja est meilleur que le tourteau de coton comme complément alimentaire pour leurs animaux. De plus, le soja devrait trouver une place privilégiée dans une rotation raisonnée des cultures.
Paris le 8 mai 2011
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

dimanche 3 avril 2011

Qui a dit que les entreprises familiales agricoles du Burkina ne sont pas capables de nourrir le pays.

La production de riz atteint un record pour cette cette campagne : 270 658 tonnes. Il s'agit là, du riz irrigué (avec deux récoltes par an) et du riz pluvial (donc une récolte, en novembre-décembre). L'évolution de la production de riz irrigué est fortement tributaire de la politique nationale. Je n'ai malheureusement pas les statistique du seul riz irrigué. Mais on peut noter qu'en 1996, la production totale de riz (donc irrigué et pluvial) était déjà de 111 807 tonnes. Mais cette année a vu la privatisation de la SONACOR (Société Nationale de Commercialisation du Riz) qui achetait le riz aux producteurs à un prix rémunérateur dès la fin de la récolte. Ce qui permettait aux producteurs des plaines irrigués de préparer sans tarder la deuxième culture. Avec la suppression de la SONACOR et l'importation massive de vieux riz asiatiques (parfois de dix ans d'âge) à prix cassé, les producteurs des plaines irrigués ont vu leurs revenus s'effondrer. Beaucoup ont abandonné (jusqu'à aujourd'hui) la production de riz pour se tourner vers le maraichage. La production nationale de riz s'est effondré également. Parfois fortement, comme en l'an 2000 (66 395 tonnes) et 2007 (68 916).

Il a fallu la crise alimentaire de 2007-2008 pour que le gouvernement et les commerçants s'intéressent enfin à la production locale. En 2004, les commerçants proposaient 85 FCFA pour un kilo de riz paddy ! Aujourd'hui ils en proposent au moins 150FCFA ! Parfois 170 FCFA ! Le double. Aussi, depuis 2008, la production de riz s'accroît de 12% par an. Deux fois plus vite que la population urbaine. Si le marché mondial ne s'effondre pas et si le gouvernement continue d'appuyer la production du riz (irrigué et pluvial), on peut penser que cette croissance au taux de 12% se poursuivra.

Si la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest) se décide enfin à taxer le riz à 35% à l'importation, cette croissance pourrait être encore plus forte, et en quelques années le Burkina et l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest pourrait être auto-suffisant en riz.
Notons également que la production du niébé (haricot du Sahel) est de 626 113 tonnes soit une hausse de 38% par rapport à l’année dernière, et en hausse de 92% par rapport à la moyenne quinquennale.

Source : sedelan@abcburkina.net